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| Humour |
| Auteur de chroniques
humouristiques décappantes, Alberto delBurgo écrivait
il y a quelques années ce petit texte sur ses premiers pas
en informatique qui fut publié dans cinq journaux différents
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Chroniques
heb-dromadaires d'Alcide Borik
...parues dans le Journal de Côte-des-Neiges
Les Nouvelles de Parc-Extension
Les Nouvelles Chomedey
Le Journal de Ville Mont-Royal
Le Journal d'Outremont
Le Journal de Ville Saint-Laurent
etc.
Planant entre Foglia et Sol, Alberto delBurgo
alias Alcide Borik a développé un humour bien à
lui, tantôt impitoyablement cinglant, tantôt vibrant
aux misères des plus démunis. Il y a toujours un clin
d'oeil dans ses éditoriaux et du mordant dans ses chroniques
d'humour car pour lui, les plus grandes leçons de sagesse
sonnent creux quand elles ne sont pas données avec le sourire.
Il joue surtout avec les mots mais aussi avec les situations pour
en tirer des conclusions où l'absurde règne d'autant
plus en maître absolu qu'il est cousin germain de notre réalité
quotidienne.
Ses premières armes, il les a faites au Liban dans Le Soir,
Magazine, La Gazette avant de devenir un des piliers du fameux Théâtre
de 10 heures au début des années 60.
C'est quelques années plus tard qu'il immigre au Québec
où ses chroniques font la joie des lecteurs du Journal de
Côte-des-Neiges, des Nouvelles de Parc-Extension, des Nouvelles
de Chomedey, du Journal de Ville Mont-Royal, du Journal d'Outremont,
du Journal de Ville Saint-Laurent, de Mosaïque, de Québec
en délire etc. La liste n'est pas exhaustive.
Parcourir quelques unes de ses chroniques des deux ou trois dernières
années, c'est jouer à saute-mouton par dessus les
jalons de l'histoire récente du pays. Les lire, c'est visionner
en privé une émission de Bye Bye dont on aurait supprimé
les coûts exorbitants et les erreurs de goût.
Gare au politicien qui ferait une déclaration intempestive,
au ministre des finances qui s'attaquerait à ce qui reste
de la veuve et de l'orphelin. En prose ou en vers, il sera impitoyablement
pourfendu par la chronique "parlez-moi d'humour", et le
pire, c'est qu'il ne pourra qu'en rire jaune car les rieurs, comme
le bon sens d'ailleurs, seront toujours du côté d'Alcide.
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Pour
un bref hystérique...
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Eve croqua la pomme d'Adam ; qui sait?
elle avait peut-être la machoire de Croc mignon.
En Chaldée, on a souvent la dent d'Ur.
Que de temps a passé depuis Nabuco dinosaure
La poule voit le Tigre et l'uf rate
Les Hébreux quittèrent l'Egypte au cur de la
Mer Rouge
(C'est un scribe sur du papier russe)
La Grèce antique est morte à Delphe (sale amie et
gens bons)
Après avoir été en Médée par
les Perses, les guères pudiques font un vrai Carthage.
La Graisse en tics rejoint la Romantique.
L'empereur César avait le nez rond,
voilà pourquoi les Gauloises rient.
Et puis, la prise de la pastille,
La révolution est en Marx
Guère épais.
Le marais Charles
Général de brimade
Les entreprises de bombes funèbres
Les voyages dans les spasmes
Ali Baghdad et les quarante voleurs,
L'Etat d'emmerdes,
l'Etat Liban,
l'Etat soeur...!
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Survol rapide
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Je me réveille en sursaut :
Un grondement continu envahit mes oreilles. Si ce n'est pas encore
la tuyauterie, peut-être est-ce un tremblement de terre? Depuis
que j'ai vu ce film d'horreur, je n'ose plus habiter à l'étage,
mais au rez-de-chaussée, je demeure à la merci des
inondations et des canalisations percées de Montréal,
sans compter les risques d'un tsunami qui remontrait le St-Laurent
pour balayer Montréal après qu'un météorite
ne soit tombé au milieu de l'Atlantique..
Il faut que je fuie mais où irais-je? Voir la grande barrière
de corail en Australie? Avez-vous vu les dents de la mer? Trop peu
pour moi! En Afrique? Brrr! Sida, Ebola et tralala me dissuadent.
Je ne veux pas devenir une espèce en danger comme le reste
de la faune là bas.
Irais-je en Asie? Non merci, SRAS et surpopulation, déjà
que j'ai la santé délicate.
En Europe alors? trop cher pour mon portefeuille.
Aux États-Unis? il y a des ours, des requins, des tornades,
des gangsters, des vols de banque, des vols d'organes, des assassins
en série, des qui tuent juste pour devenir célèbres,
et bien d'autres.
Si je reste ici, les catastrophes engendrées par le réchauffement
de la planète, la pollution de l'air, de l'eau et de la terre.
Les vagues de froid en hiver, de chaud en été, bref,
comme disait le chien de ma voisine : gnak les mords qui ne risquent
rien! Il n'y a que nos équipes de sport qui ne sont dangereuses
pour personne! Les fusions, démembrements, les promesses
de Charest, les commandites de Martin, je n'en dors plus la nuit.
Je pourrais partir pour Athènes voir les olympiques mais
la dernière fois je me suis retrouvé avec une valise
de trop qui s'était glissée sans que je saches comment
parmi mes bagages. Traité comme un terroriste dangereux,
je me suis dit que les murs de la prison était assez épais
pour me protéger de l'explosion mais on est venu me libérer
avec des excuses : Il s'agissait simplement d'une valise de petits
drapeaux canadiens glissée malicieusement parmi les miennes
par cette petite coquine de Sheila Coops.
Au Liban, je ne veux pas me retrouver sous contrôle syrien,
en Syrie, je ne veux pas me retrouver sous contrôle terroriste,
je ne sais vraiment plus où aller...
À moins de me trouver, comme dans les contes d'émir
et une nuit, un petit coin tranquille entre le Tigre et l'Euphrate,
à l'abri des Syriens, des Sunnites, des Chiites, des kurdes,
des Iraniens, à l'insu de la C.I.A., et des tortionnaires
américains. Je pourrai enfin jouer au Shah et à la
Syrie dans un petit carré de sable au milieu du désert
comme dans les ouest ternes de mon enfance, en grignotant mes rations
de survie, en évitant de mettre le doigt entre l'Arabe et
l'écorce et en prenant quelque clichés avec mon appareil
photo numérique.
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Mon Mac à moi ! |
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Je ne me reconnais plus!
Fini l'image du journaliste avec de la cendre qui déborde
du cendrier, son whisky qui déborde du verre, et moi qui
déborde...du sujet en tapant comme un damné sur ma
vieille Remington surnommée "Titine".
Je ne fume plus, récession oblige; je ne bois plus, compressions
obligent, et, pour comble de malheur, "Titine" vient
de rendre l'âme.
Vingt-cinq ans de bons et loyaux services, des kilomètres
de ruban bicolore que nous zuzâmes ensembles, une lettre "e"
qui ressemblait de plus en plus à un "o", une lettre
"o" qui faisait l'effet d'un point final, et des caprices
qui m'obligeaient parfois à taper dessus plus fort, peut-être,
que je n'aurais dû.
Quand j'ai dit à mon rédacteur en chef que "Titine"
était morte il ne voulait pas croire qu'une machine à
écrire puisse avoir vécu si longtemps.
Quand je lui ai dit qu'il m'en fallait une autre il a failli s'étrangler
de rire à l'idée qu'il y ait encore des gens qui veulent
acheter des machines à écrire. Pour mettre fin
à son hilarité, je lui ai dit qu'il fallait qu'il
la paye. Ce fut radical:
- "Il te faut un ordinateur" affirma-t-il péremptoirement,
le sourire ayant disparu aussi vite qu'une avance de trois but du
Canadien en deuxième période.
Quand j'ai débuté, je n'avais qu'un stylo habile.
j'écrivais alors des histoires de courtes lignes, j'étais
ce qu'il est convenu d'appeler un drôle d'épistolier.
Et maintenant, il va me falloir jeter l'encre? Et tout
çà pour un clavier à touches : touche contrôle,
touche escape, touche option, touche commande, touches fléchées,
touche...pas comme dit ma secrétaire... Inutile de dire que
c'est moi qui reste sur la touche!
Savez-vous pourquoi j'ai gardé ma machine à
écrire pendant vingt cinq ans? C'est parce que J'ai
horreur de l'informatique, de l'électronique et même
de l'électricité. Aversion tout à fait
réciproque d'ailleurs, Il suffit que j'appuie sur le "ON"
pour que tout s'éteigne, et je ne déteste rien autant
que voir quelqu'un venir m'expliquer d'un ton docte et condescendant
comment programmer mon vidéo, alors, vous comprenez,
taper sur un clavier sans feuille, sans rouleau, sans sonnette au
bout de la ligne pour rythmer la musique de ma phrase : pas question...
Néanmoins, cédant à la violence, j'ai
accepté de m'informer. Ça ne coûte rien!
J'allais donc me confie, pieds et poings liés à mon
vendeur. Il
commença par me parler de P.C. Je pensais d'abord qu'il cherchait
les toilettes. Je me suis ensuite demandé s'il ne faisait
pas partie du Parti Conservateur ou s'il ne cherchait pas son Poste
de Commandement. À peine avais-je compris ce qu'était
un P.C. qu'il s'est mis à parler de Mac. Là
j'ai pensé qu'il s'agissait d'un Écossais ou, à
la rigueur, d'un Irlandais, mais non, c'est simplement Apple, une
pomme. On doit le fabriquer à New-York (ze big apple)
probablement, et moi qui croyais que la Macintosh se faisait à
Rougemont!
En tout cas, mon "chanteur d'Apple" était désespéré.
Il faut dire qu'il posait de drôles de questions.
- avez-vous déjà un moniteur?
- non, je suis pigiste.
- Avez-vous une souris?
- Non, c'est très propre chez moi.
- Mais comment ferez-vous pour cliquer?
- Ne vous en faites pas, je m'arrange toujours pour que ça
clique.
- Mais vous ne verrez pas vos icônes
- Pas grave, on m'a toujours dit que j'avais une tête d'icône.
- N'empêche qu'il faut que votre appareil affiche le menu...
- Pas la peine, je peux commander à la carte.
- Il vous faut peut-être des logiciels?
- pas la peine, j'habite en appartement.
- Il vous faut une mémoire vive...
- Je n'oublie jamais rien.
- je veux dire un disque dur...
- j'ai déjà eu ça avec ma sciatique.
- Avez-vous des disquettes?
- Je préfère Radio Canada FM.
- Je veux dire des programmes. Voulez-vous des programmes?
- J'ai déjà mon guide TV .
- Et une imprimante, vous n'avez pas besoin d'imprimante?
- Mais non, moi j'écris, c'est le journal qui imprime!
- Si je comprends bien, vous n'avez besoin de rien?
- Mais c'est vrai! Quel soulagement!
- Merci, et salut Meg!
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Boxing day |
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Me voici à la Plaza... C'est le "boxing
day"; je suppose que ça s'appelle comme ça parce
qu'il faut se frayer son chemin à coups de poings. Les grandes
surfaces sont noires de monde, des gens de toutes sortes, de toutes
les couleurs, de toutes les origines, de toutes les cultures et
qui semblent n'avoir en commun qu'une idée: dépenser
à tout prix.
Pourquoi? Parce que c'est le boxing day,
donc les magasins vous volent moins que d'habitude, repus qu'ils
sont par les bonnes affaires qu'ils ont fait à Noël
et pressés d'épuiser leurs stocks afin de les renouveler
car pour eux, hier encore c'était le rush de l'Halloween,
puis de Hanuckah, aujourd'hui Pourim, Noël et le jour de l'An,
demain Pâques; les pilliers de la prospérité
économique en somme...
J'ai fait le même raisonnement que
tout le monde : puisque les commerçants bradent la marchandise,
pourquoi ne pas en profiter pour une fois! Seulement voilà,
il y a longtemps que je n'ai pas pratiqué la boxe, moi!
À peine suis-je entré dans
le magasin que je reçois une grande tappe dans le dos. Je
me retourne vivement : personne. Reprends mon chemin, mais le superbe
vase imitation cristal réduit à 9.99$ seulement qui
se trouvait devant moi et aurait peut-être pu exciter ma convoîtise,
a disparu comme par enchantement. Tout au loin, disparaissant à
toute vapeur vers la caisse la plus proche, une petite silhouette
brune le brandit au dessus de sa tête hors de portée
des mains avides des envieux. Une fois rendue à distance
confortable, elle risque un regard dans ma direction, voit que je
l'observe, pique un fard et ne se retourne plus. C'est probablement
ce qu'on appelle le "hit and run". Dans les haut-parleurs,
entre deux chants de Noël, on nous joue un air de circonstance
: "tristesse de Choping!"
Un comptoir en particulier m'intéresse
mais il m'est impossible de m'en approcher. Par contre une petite
bonne femme aux coudes pointus (vous voulez voir mes bleus?) se
fraye un passage. Partie loin derrière moi, elle m'a presque
rattrappé. Il faudrait que je l'observe pour apprendre sa
technique. La voilà derrière moi. Une douleur aigue
me vrille la partie la plus intelligente de mon individu -la plus
négligée aussi puisque je m'asseois dessus-; je sursaute,
trop tard, elle est passée sous mon bras levé par
l'étonnement. Je me fraye un chemin dans son sillage. Moi
aussi je suis capable de jouer au petit soldé. Regards réprobateurs.
Mais qu'importe. Je parviens au rayon au prix de quelques invectives
et en écrasant quelques orteils. Voici l'objet de ma convoitise.
Surtout ne pas tendre la main tant qu'il est hors de portée.
Enfin! Hop, je le tiens... Manque de pot, quelqu'un le tient par
l'autre bout! De l'autre côté du comptoir, un petit
homme aux cheveux noirs et lisses me fusille de ses yeux noirs injectés
de sang avec la fixité d'un serpent qui veut hypnotiser sa
proie. Je tiens bon, mon regard farouche soutient le sien. Après
tout, je suis en état de légitime dépense.
De longues minutes durant lesquelles d'autres clients essayeront
de nous faire perdre notre concentration pour en profiter mais nous
tenons bon tous les deux. L'objet de notre convoîtise va-t-il
craquer? Non car au moment où je prends une grande respiration
pour tirer un bon coup, il lache prise. La secousse a cependant
l'avantage de ramener l'objet vers moi à la vitesse grand
"V", échappant ainsi aux tentatives d'interception.
Hourrah! je le tiens.
Je fuis honteusement, ma proie serrée
d'une main sur ma poitrine tandis que l'autre exécute des
moulinets menaçants pour écarter les convoitises.
Je vais prendre un racourci par le rayon des chaussures. Mal m'en
prend, impossible de m'y frayer un chemin, il n'y a plus rien sur
les rayons, mais claques et bottes jonchent le sol, victimes de
ceux qui ont essayé la droite pour voir d'autres clients
leur disputer la gauche ou vice (surtout) versa!
Enfin, voilà la caisse enregistreuse.
Après tout, je n'ai pas fait une méchante affaire.
Au prix de quelques bleus j'ai déniché l'oiseau rare
à un prix... voyons à quel prix? Oh qu'importe, c'est
surement un prix intéressant puisque c'est le "Boxing
day". Il ne me reste plus qu'à sortir ma carte de crédit
du magasin Z...zut, j'ai oublié mon portefeuille à
la maison!
L'an prochain je reviendrai avec du
cash, et après avoir suivi quelques cours de karaté.
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D'un boutte à l'autre...! |
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C'est quoi le sport favori du Québécois?
Pas le hockey, on n'a pas été chercher la coupe c't'année.
Pas le base ball on n'ira pas chercher grand chose là non
plus. Mais alors? Tu donnes ta langue au chat ? (ça c'est
pas un sport qui se fait seulement dans l'intimité!), Non,
ce n'est pas non plus la hutte pour la vie, au contraire, c'est
le déménagement!
Premier mai, répétition
pour les éjaculateurs précoces, premier juillet c'est
la vraie game! ( Location fait le larron) Les pros du déménagement,
(bail, bail...) ceux des camions réservés qui ont
encaissé des ahrres et ne viennent pas, prennent quatre heures
de Beaubien à Saint-Zotique, tombent en panne aux frais du
locateur qui doit payer en outre les quatre zommes dont "ce
n'est pas la faute", et tout ça pour arriver où?
Dans un nouveau logement dont l'ancien locataire n'a pas encore
décrissé son camps parce qu'il n'a pas eu son camion,
lui non plus, ou que les anciens locataires du logement qu'il a
loué ne veulent pas sortir avant le 3. Cris, pleurs des enfants,
menaces d'avocats. Finalement, on vous permet d'entasser l'ensemble
de votre barda dans votre propre logement mais dans une seule pièce
seulement, quand ce n'est pas dans la cage de l'ascenceur (une erreur
de mise en cage ) pis vous allez manger chez Macdo et dormir chez
votre smatte de beau-frère qui passera la moitié de
la veillée à vanter les beautés du propriétariat
pendant que vous pensez silencieusement aux joies du meurtre sadique!
(ça fait mauvais gendre!) Vous pensez aux meubles égarés
(les malheurs de sofa) à la vaisselle brisée (six
verres sales m'étaient comptés) à faire brancher
l'eau (mettre l'eau à la douche) faire pluguer le gaz (le
gaz part) s'assurer que la salle de bain est en état (harro
sur le bidet) que la cheminée a été ramonnée
(la suie au prochain numéro). Encore heureux qu'il n'y ait
pas de jardin parce qu'avec cet esprit d'espalier vous auriez bien
vite les nerfs à fleur de pot!
Après ça, bien sûr,
il faut faire le ménage, jouer la ménagère
apprivoisée, l'appartement est en état de crasse,
ranger les placards même si ça vous fait mal aux ceintres,
faire une lessive, l'étendre (à bon étendeur
salut) balayer l'escalier (et s'en mettre plein la rampe! )
Alors vous comprenez, les fêtes
du Canada, moi...
...Et n'oubliez pas d'aviser la banque et le Bell sauf si vous devez
beaucoup d'argent, auquel cas n'avisez personne, il auront bien
le temps de vous retracer!
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Épluchettes de blé
d'Inde |
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Ces derniers
temps, je n'en finis plus d'être invité à des
épluchettes de blé d'Inde. Pas croyable! Si ça
continue, il faudra absolument rejoindre les rangs de la société
protectrice du maïs, qui insiste pour qu'on fabrique des épis
artificiels de blé d'Inde.
Aux dires de la présidente de cette société,
Madame Phoula Occut, le plus dur reste de trouver une colle qui
ne sente pas le poisson, qui tienne assez fort pendant qu'on fait
bouillir l'épi... et reste facile à digérer.
Mais surtout, il faut maintenir la coutume sociale de l'épluchette.
c'est un moyen idéal pour élargir le cercle... de
vos relations! prétend cette dame qui ajoute:
Moi, une épluchette de blé d'Inde, ça m'excite.
C'est plus fort que moi. Les hommes, ce qui les fait flipper, c'est
d'effeuiller la marguerite. Moi c'est de dépouiller les épis.
De plus, j'adore les senteurs de la vapeur qu'ils dégagent
à chaud.
J'aime ça les prendre en main fermement, les caresser un
peu, puis arracher à pleine poignées les petits poils
du bout, enfin, prenant les feuilles une à une, les tirer
jusqu'à ce qu'elles tombent à terre.
Quand le maïs est tout nu, j'aime effleurer de mes lèvres
ses boules luisantes et dorées en les mordillant pour en
tester la fermeté.
Le moment est venu de satisfaire mes appétits:
Après avoir correctement enduit l'épi de beurre pour
que ça passe mieux, avoir rajouté quelque chose de
salé pour qu'il soit à point, je me l'introduis voluptueusement
dans la bouche et commence à le manger.
J'aime le faire aller et venir le long de mes dents acérées,
sentir sa caresse brûlante sur mes lèvres et essuyer
le jus légèrement sucré qui coule sur ma gorge.
À une épluchette bien organisée, je suis insatiable.
Je peux m'en enfiler deux ou trois d'un coup avant de satisfaire
ma fringale.
Inutile de vous dire que cette vieille moche était tellement
en manque d'affection, qu'elle s'était suicidée en
se jetant du sixième étage, et était miraculeusement
tombée sur un camion qui transportait des blés d'Inde
au marché, et dont la cargaison avait quelque peu amorti
la chute.
Encore à moitié groggy, les yeux mi-clos, elle avait
tâté le terrain sur lequel elle avait atterri et, se
croyant déjà au paradis, s'était écriée
:
Doucement les gars, chacun son tour, il y en aura pour tout le monde!
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Littérature encagée |
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Deux heures du matin.
En proie à une indicible terreur, je m'assieds brusquement
dans mon lit. Ma respiration est haletante, mon coeur bat la chamade,
mes yeux exorbités fouillent l'ombre de ma chambre à
la recherche du péril qui vient de se manifester. Dans mes
narines, une odeur de souffre et de sang. Une sueur d'effroi glace
mon dos. De ma bouche ouverte pour hurler, aucun son ne parvient
à sortir.
De la rue montent des bruits confus, des cris déchirante.
Une rafale de pistolet mitrailleur découpe la nuit: d'un
côté le calme et le silence, de l'autre l'horreur.
Je n'entend plus que des plaintes, et soudain, le bruit tant redouté:
celui des bottes de la brigade.
Ils m'ont suivi à la trace, ils m'ont retrouvé, ils
sont là!
Paralysé par l'épouvante, j'entends une galopade dans
l'escalier. Dans un instant des coups précipités vont
marteler ma porte à la briser, des voix vont aboyer: Shnell!...
Shnell!... Achtung!... Rauss, rauss!
Une affreuse tentation s'insinue perfidement dans ma pensée:
me cacher sous les couvertures, tout nier: "Ce n'est pas moi!
Ce n'est pas moi!" mais sur qui pourrais-je rejeter la responsabilité
de mon crime?
Trop tard! Un vacarme étourdissant a retenti. Ils sont là.
Dans dix secondes ils feront irruption dans ma chambre. J'en pleurerais
de rage. Comment ai-je pu être assez stupide pour me faire
prendre? Il est vrai qu'avec l'ordinateur on vous retrouve toujours.
Je me jette sur mes biens les plus précieux: mon jugement
de divorce, la photo de ma fille, celle du maire de Lachine (ce
qui me vaudra peut-être des indulgences) le numéro
de téléphone de mon avocat au cas où on m'autorise
à faire un appel, ma carte de la bibliothèque et cinq
ou six bricoles, clefs, argent...J'enfonce le tout dans la poche
kangourou de mon pyjama. Ouf! Il était temps. Ils sont déjà
là dans la chambre et me bousculent sans ménagement.
Quelques coups de crosse pour m'amener à composition, puis
on me met les menottes. Tous mes papiers sont confisqués.
Comment désormais pourrais-je prouver mon innocence?
Bien sûr, je n'ai jamais emprunté de livres à
la Bibliothèque de Lachine, mais je suis prêt à
les rendre quand même. Tout, plutôt que d'avoir affaire
à la brigade des livres.
Ces bonnes résolutions m'ont complètement réveillé
mais le cauchemar demeure. Désormais, je n'emprunterai plus
rien, même pas des moyens détournés pour dire
ce que j'ai à dire!
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Radicalement vôtre! |
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J'ai toujours été un "radical"
refoulé il est vrai, car le métier de journaliste
exige que l'on dissimule cette tare sous un océan de neutralité
et d'objectivité, que l'on appelle pragmatisme.
J'aime le blanc et le noir ainsi que les effets que l'on en tire,
et je les préfère de loin au gris de l'inodore et
de l'insipide.
Alors, quand ma consoeur Eleanor a décidé de consulter
les lecteurs sur ce qu'ils pensent des fumeurs et des non fumeurs,
j'ai pensé vous faire part de mes (mes-)aventures à
ce sujet.
Ayant perdu mon emploi pour n'avoir pas
su, une fois de plus, nuancer l'opinion que j'avais sur l'organe
sexuel féminin qui me servait de patron (vous voyez, je fais
un effort!), je me retrouvai hier dans le bureau d'un autre patron
potentiel auquel j'étais résolu à donner de
ma personnalité et de mes capacités la meilleure image
possible.
Au moment où je pensais l'affaire dans le sac, ce cher vieux
monsieur au visage empreint de bonté, eut un regard fugace
vers ma main droite; ses yeux accrochèrent alors la zone
comprise entre l'index et le majeur et dont la couleur ocrée
ne laissait aucun doute sur ma consommation quotidienne de gauloises
sans filtre. Je devinai, à la profondeur de l'inspiration
que prenait mon interlocuteur, que je devenais soudain trop qualifié
pour le poste offert, et que ma candidature allait rejoindre la
longue liste de ceux qu'on réconforte à défaut
de les employer.
- Je ne tiens pas plus que çà à la cigarette
si cela vous incommode, débitai-je d'un trait de génie!
- Eh bien c'est entendu déclara le vieux-monsieur-aux-cheveux-blancs
dont la bonté avait failli fondre comme chocolat sur croissant
chaud, vous êtes engagé mais vous me promettez de cesser
de fumer. La clause n'est pas écrite sur votre contrat, car
je suis respectueux des droits de la personne, mais vous me remercierez
un jour de ce sacrifice!
À ces mots, mon corps-beau ne se sent plus de joie et de
reconnaissance; à une époque où l'on a si rarement
l'occasion de sauver la vie d'un homme, voici qu'il me la sauve
deux fois en un mot. M'offrir du travail quand tous mes "chums"
sont au chômage et me permettre de m'insérer à
nouveau dans notre société de consommation, quelque
joie; m'éviter les griffes du cancer qui me guette au coin
de mes soixante clous de cercueil quotidiens de surcroît
comment parviendrais-je jamais à exprimer ma reconnaissance
au vieux-monsieur-aux-cheveux-blancs-et-au-regard-empreint-de-bonté?
- En tenant parole, dit ce cher vieux-monsieur-à-la-voix-empreinte-de-je-ne-sais-quelle-menace
!
Mais, si offrir une "job" à un chômeur c'est
lui donner la vie, licencier un employé - de nos jours -
n'est-ce pas l'assassiner? Je comprends maintenant toute l'antipathie
que j'éprouve pour le
qui me servait de patron - pardon
- d'ex-patron! J'ai toujours en horreur des meurtriers, et comme
je suis radical et farouchement favorable à la peine de mort,
il faudrait que je l'exécute.
Vais-je risquer, pour être fidèle à mes principes,
de me mettre dans un mauvais pas et, ce qui est plus grave encore,
risquer de perdre un emploi à peine - et durement - conquis?
Eurêka! je vais aller le voir
et lui offrir une cigarette!
Ce que c'est, quand même,
que d'être radical
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Bonnes vacances! |
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Pour partir en vacances, j'avais le
choix : soit atteler mes chats et partir en traineau dans le grand
nord, soit utiliser un vieux ticket de métro aller simple
pour Longueil. Comme je n'avais pas envie de transporter la littière
ni de rentrer par le pont avec les travaux du ministère des
transports, j'ai décidé de voyager en imagination.
C'est plus pratique, plus économique et moins fatiguant...
surtout quand on a l'habitude de ramener un souvenir d'ici ou de
là, pour le plaisir de passer les douanes dans le nez.
J'ai commencé par l'Angleterre et ne pouvant pas rapporter
un Concorde, j'ai voulu m'acheter une capotte en glaise. J'y serais
bien resté plus longtemps mais mon temps m'était compté
(Tamise money), et de plus, quand on m'adressait la parole en français,
j'avais l'impression d'entendre parler Jean Chrétien. Je
m'en allai donc rapidement vers l'Écosse, mais, là
aussi, je suis reparti aussitôt, après tout, il n'est
bonne compagnie qui ne se kilt.
Après ça, ce fut Paris, ses théâtres,
le Racine-Club, Labiche aux abois, l'Achard est faible et l'Anouilh
au gratin, ses cabarets (certains l'aiment show). Le Pen et ses
folies berbères...
Ah! Paris, c'est aussi les concerts, j'ai écouté la
flûte tant chantée. puis au musée (quand on
parle du Louvre on en voit la queue), Puis, j'ai rêvé
d'un autre voyage à Cannes au festival où la bande
des cinés m'invitait à Disney. De Cannes à
Nice, il n'y a qu'un pas, en compagnie de Foglia (à Nice,
au pays des merveilles.) De là, je me suis rendu en Espagne
où j'ai pris un café Olé! (Avant d'entrer dans
la Reine)....comme Juan-Carlos.
Comme tout lèche-main mène à Rome, j'ai fait
un tour en Italie, mais c'était un Pise-aller: les joueurs
du Canadiens dansaient le mambo italiano avec Ginette Reno, jouaient
au golf à deux pas du faux-Rome, et, au casino de San Remo,
je faisais sauter la banque Téodoro. Ensuite, hellas, hellas,
trois fois hellas, je me suis retrouvé en Grèce où
tout est vieux comme est Rhodes...
Vous Partez?... Non! Suivez moi à la Thrace, sinon ça
va faire un drachme!
Après ça, j'ai été faire un tour en
Allemagne car je pensais que l'aventure était au coin de
la Ruhr.
J'ai été tenté par les délices de Kaput!
Ah, la loi de l'offre et de l'Allemande, ah, tes Teutons coquins,
ah, ta Krupp, la chute de tes Rhin, ...
... À force de sauter La Haye, je me suis retrouvé
en Hollande où j'ai fait du lèche-vitrine, ce qui
est pratiquement la même chose.
Après ça j'ai fait de l'auto-steppe en Russie, évité
les Yougoslaves qui ne Serbes qu'à faire la guerre. (Qu'est-ce
que tu Croate?)
Destour par l'Afrique, tournée des anti-Caire en Egypte(attention,
Tanger!)., en Arabie Séoudite, j'ai rencontré des
cheikhs sans fonds, en Libye, des gars Tripoli pour être honnêtes...
Comme les bons comptes font les bonzes amis, je me suis retrouvé
en Asie. C'est nippon ni mauvais. Arrivé à une heure
hindoue, je me suis retrouvé au bar de l'hôtel.
L'apéro de Pékin... Birmane, remplis mon verre...
Chine, Chine...
Le bruit des verres qui s'entre-choquaient m'a réveillé.
Du moins je l'ai cru, en fait, c'était la sonnerie du téléphone.
C'était un sondage libéral sur la réduction
du nombre de fonctionnaires promise par Jean Charest.
De leur côté, les fonctionnaires prétendent
qu'il va falloir embaucher à cause de la retraite des baby
boomers.
Si les fonctionnaires se mettent maintenant à avoir le sens
de l'humour, il ne me reste plus qu'à entrer dans l'administration!
Avez-vous votre voyage?
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Cesser de fumer... avec le sourire |
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Pendant les quatre dernières décennies,
j'ai dû fumer environ douze à quinze mille cigarettes
dont le prix total, placé à intérêts
composés m'aurait permis de prendre une retraite très
anticipée.
L'argent n'est pas, bien sûr, la seule motivation possible
pour arrêter de fumer, mais il peut y aider grandement par
le potentiel d'acquisition qu'il représente. Aussi ai-je
décidé de l'utiliser à fond dans ma méthode.
Pour faciliter le renoncement au tabac, il faut donc être
pauvre (ou le devenir).
Prenez donc chaque matin dans vos poches le prix d'un paquet de
cigarettes et mettez-y le feu sans le transformer préalablement
en tabac. Cette simplification aura déjà le mérite
de vous faire réaliser pleinement la valeur de ce qui s'envole
quotidiennement en fumée.
L'honnêteté élémentaire m'incite à
avouer au lecteur que je ne suis pas passé par cette phase,
étant déjà parfaitement ruiné par mon
ex-épouse, ses avocats et les miens, sans oublier les banquiers
hypotécaires. Enfin, l'essentiel est que mon dénuement
quasi total me mettait dans une position fort réceptive quant
à l'éventualité de cesser de fumer.
Une fois que -avec ou sans l'aide d'une
justice " fast-food"- vous avez atteint le fond du baril,
une amertume légitime s'emparera de vous, accumulant les
frustrations que vous ne pourrez même pas oublier en fumant
une cigarette. Faites alors la comparaison entre le prix des cigarettes
ici et sous des cieux plus cléments, et vous répéterez
comme tout le monde, que nous sommes une société de
moutons, que nos ministres des finances sont des voleurs de grands
chemins, et que nous devons être bien bons pour nous laisser
tondre la laine su'l'dos sans protester!
Une fois ces sentiments bien ancrés
au fond de notre subconscient, il est temps d'agir:
D'ABORD: se fixer un budget immuable et ne pas le dépasser
quelles que soient les augmentations de prix ou de taxes. Vous remarquerez
de plus que, plus les prix augmentent, plus vos amis vous "bomment",
et, comme par dessus le marché vous en aurez toujours moins
pour votre argent, votre consommation diminuera tellement que vous
vous demanderez bientôt si, fumer trois ou quatre cigarettes
par jour ou ne pas les fumer, ne revient pas strictement au même.
(P.S. Résistez encore un peu à l'envie de "bommer"
à votre tour, sous prétexte qu'il ne vous en reste
presque plus, ça fait "cheap"!
ENSUITE: très important, ne pas oublier d'inscrire sur votre
paquet (à l'extérieur et non sur le rabat) de manière
à ce que tout le monde vous en demande la raison, le jour
et la date. Exemple: Mercredi 1er juin, jeudi 2 juin, vendredi 3
juin etc. Vous ressentirez alors une profonde satisfaction à
allonger cette liste, dussiez-vous en garder une dernière
pour rajouter la date du lendemain! Bientôt cette liste s'allongera
presque à vue d'il et vous en voudrez d'autant plus
aux tappeurs qui vous "foquent" votre moyenne. Le jour
où votre paquet affichera une semaine complète, cela
signifiera que vous avez cessé de fumer et que vous n'en
achetez que pour en offrir quatre par jour aux copains. Le moment
est donc venu de faire le grand saut: CESSEZ D'EN ACHETER! Faites
quand même attention: Le proverbe dit: En Avril ne te découvre
pas d'un filtre...à plus forte raison d'un bout filtre!
Pour vous renforcer dans votre détermination, pensez aux
avantages: Mis à part les traditionnelles raisons de santé,
de respect des autres, des primes d'assurance vie, des risques d'incendies,
des critiques de vos enfants et de vos proches, surtout les plus
récemment convertis, autant de facteurs non négligeables,
-il s'en faut- vous vous trouverez à vous venger à
la fois des ministres-des-finances-qui-ont-abusé-si-longtemps-de-votre-dépendance,
et de vos amis-qui-vous-prenaient-pour-une-poire, car c'est VOUS
à présent qui les tapperez d'une cigarette quand la
démangeaison s'en fera trop sentir! Consacrez vos surplus
de budget à des blondes qui ne soient pas de Virginie. C'est
ce qui s'appelle fumer le calumet de la pépé!
Et le jour où, la tentation étant
trop forte, vous déciderez d'essayer d'acheter un paquet
de cigarettes, cet attrape-Nicot, vous réaliserez alors avec
soulagement, que vous n'avez plus en poche de quoi le payer!
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Partielles... et par terre |
Nous voilà
encore en élections.
Me semble que c'était hier encore...
Et vous, avez-vous vraiment envie d'urner?
D'autant plus que la partie semble jouée d'avance.
L'Assomption restera aux Péquistes et Outremont aux Libéraux
Pour détourner l'attention des problèmes de l'heure,
César disait : donnez-leur des jeux. Ici, pour soulager l'agonie
d'une économie moribonde on nous donne des élections...
ou un référendum. C'est même rendu que les députés
démissionnent pour se représenter immédiatement
après. Tout comme ces compagnies qui déclarent faillite
et repartent le même jour sous un autre nom libres de conventions
collectives, de leurs dettes et en bouffant, en plus, le fond de pension
des employés.
Prenez Sheila Copps aurait-elle des principes par hasard? Mais alors,
que fait-elle en politique?
C'est avec un regret presque unanime que les électeurs d'Outremont
ont vu partir Gérald Tremblay, le plus péquiste des
libéraux. Il satisfaisait un désir de conservatisme
libéral sans faire obstacle aux aspirations légitimes
d'une francophonie progressiste...
... car les Québécois restent un peu comme ces enfants
qui veulent entreprendre des escalades périlleuses sans échapper
au regard rassurant de la surveillance des parents.
Mélange de ceintures fléchées et d'immigrations
plus ou moins réussies, fleur de lys dans le coeur, feuille
d'érable dans la tête, si j'étais candidat, voici
le discours que je ferais
Québécoises, Québécois,
Elysée moi
Car je suis diplômé en propos enjôleurs,
comment se pourrait-il que je ne fasse pas
Un excellent parle-menteurs?
Et dans cette Assemblée qui se veut
Nationale
Vous me verrez toujours faisant très attention
Aux motions ADQ, péquistes ou libérales
Le spécialiste, en somme, des séances-fiction
Et pour un portefeuille, un quelconque ministère
Je viendrais secouer les fantômes du caucus
Je serais l'un des leurs car je saurais leur plaire
Quand je serais enfin au conseil des minus
Et qu'importe si c'est comme ministre désarmé
Comme ardent défenseur des forces démocratiques
Ministre de l'inférieur ou des communes ôtées
(culturelles)
Ministre des grands sports ou des bravos publics.
Comme vous le constatez, tout ça
n'est pas terrible
Sans compter que c'est là qu'on fait des rations
Ma politique est urne et reste indivisible
Et je vous remercie de toute votre abstention.
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La grande capuche |
| Il était
une fois à l'oré du bois une petite maison où
vivait une famille heureuse, le père, qui bûchait fort
pour faire vivre sont petit monde, la mère qui n'avait pas
inventé le beurre mais qui faisait de délicieuses tartes
aux framboises, et enfin leur fille, une grande délurée
de treize ans qui avait déniché au grenier une vieille
capuche vermillonne et ne rattait pas une occasion de la coiffer se
fichant bien des commentaires ironiques de ses copains copines sur
cet attribut d'un autre âge car la forme et la couleur de la
capuche allaient ma foi fort bien à son épaisse chevelure
dorée et à ses yeux bleu d'azur.
Un jour qu'elle était encore
en train de minauder devant la glace avec sa belle coiffe, sa mère
lui cria de la cuisine :
- Aye ma p'tite vache, au lieu de t'épivarder avec ta grand
capuche, va dont porter une des tartes au sucre que je viens de
cuire à ta tante Margot.
- Es-tu malade? répondit effrontément la grande capuche,
le soleil se couche bientôt et il fait un froid de canard.
- Veux-tu bien ne pas parler de même à ta mère?
dit alors son père d'une voix menaçante qui annonçait
que sa patience était au bout de sa ceinture.
La pauvre petite n'avait qu'à obéir, pis vite à
part de t'so. Elle enfila son manteau, mit la tarte dans un sac
de supermarché qui traînait sur la table de la cuisine
et claqua la porte de la cuisine.
- ...Et niaise pas en route hurla encore son brave homme de père,
on soupe de bonne heure, il y a une game à TV, pis j'veux
pas en manquer un boutte.
Creyez le ou non, ce qui n'aura d'ailleurs aucune incidence sur
la suite de l'histoire, la grande capuche était déjà
rendue au coin de la rue. Soudain, démesurément allongée
par le soleil couchant, une ombre menaçante se mit en travers
de son chemin. Oh non! Pas lui! se dit-elle, pas le grand Crête
avec ses mains visqueuses qui essayaient toujours de s'infiltrer
partout.
- Sacre-moi la paix dit-elle en halletant, je vais porter une tarte
à ma matante Margot et si je ne suis pas rentrée dans
dix minutes le père va v'nir me chercher.
- On fait-y la course rétorqua le grand Crête sans
se démonter, et il partit comme une flèche à
travers champs.
Soulagée de s'en tirer à si bon compte, la grande
capuche ralentit le pas, et se permit même un petit détour
devant le magasin général pour saluer sa gang. Arrivée
chez la tante Margot, elle avait déjà oublié
sa fâcheuse rencontre, aussi poussa-t-elle machinalement la
porte qui n'était jamais barrée. Dans la pénombre
elle distingua dans le lit une forme qui lui tournait le dos. Pensant
que la tante était malade, elle posa la tarte sur la table
de la cuisine et s'approcha du lit sur la pointe des pieds.
La suite, vous l'avez devinée, se
retournant brusquement le grand Crête la saisit par les poignets
et entreprit de l'entraîner sur le lit malgré ses cris
et ses ruades. Elle eut sans aucun doute dû céder à
la violence du rut exacerbé du vigoureux garçon n'eut
été l'arrivée inopinée de son père
furieux de son retard et inquiété par la visite de
la tante Margot venue prendre elle-même des nouvelles de sa
tarte au sucre!
L'histoire fit vite le tour du pays, le
Crête dut partir pour un autre village tant les gens se moquaient
de lui, on en rit tant et tant que quelqu'un décida qu'il
fallait en tirer une leçon pour les enfants. Il écrivit
quelque chose sur le sujet en essayant de mettre les choses à
leur portée.
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La chriss de l'énergie
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La chriss, elle a environs deux ans
et de l'énergie comme c'est pas Dieu possible : Nous sommes
sur le jet qui nous ramène vers Montréal. La p'tite
mauzeus occupe MON siège que j'ai pourtant amoureusement
réservé depuis trois jours. Un FF (fumeur/fenêtre).
Première déception, la concession au nom de l'enfant-roi,
je prends le siège à côté. Il est légèrement
humide, espérons que ce n'est que de l'eau. Cri de guerre.
Je lève les yeux juste à temps pour réceptionner
le paquet de nerfs lequel m'atterit triomphalement dans les bras
à la grande joie des autres passagers, et dans l'indifférence
totale de parents bovins et résignés ; au bout d'une
heure de voyage à proximité de leur progéniture,
je m'étonne encore qu'ils puissent garder les yeux ouverts
de temps en temps. Probable que la présence de vacanciers
bienveillants les décharge un peu de la responsabilité
d'empêcher la petite tornade de transformer cette section
de l'avion en zone sinistrée : Déjà le beau
tapis bleu est blanc des miettes de biscuits écrasés
par ses mignonnes bottines, tandis que la jupe Chanel beige de sa
voisine de droite s'auréole d'un superbe Bordeaux Louis Eschenauer
1990.
Le jeu favori de la petite Angela (car
croyez-le ou non, elle répond, et surtout ne répond
pas, au doux nom d'Angela), est de projeter en l'air son Donald
Duck, et de le faire ramasser, 226 fois par son père assis
de l'autre côté de l'allée, 132 fois par le
personnel volant, 156 fois par de simples passagers allant aux toilettes
et 77 fois par ceux des 18 sièges avoisinants qui l'ont reçu
sur la tête, sur les genoux ou dans leur verre. Enfant-roi
oblige, tout le monde garde le sourire... sauf la moutarde qui décide
que le calme a assez duré et que le film qu'on nous projette
n'a aucun intérêt. Ses hurlements font effectivement
passer le "thriller" au second plan de nos préoccupations.
La symphonie en zut mineure vient de cesser.
Il faut dire que le pilote a amorcé un piqué vers
l'océan et que ça a marché au prix de quelques
plateaux renversés, de nombreux traumatismes crâniens,
d'une vingtaine d'orteils piétinés et d'une crise
d'épilepsie évitée de justesse. Le petit typhon
continue néanmoins de causer des ravages encore plus sérieux
dans notre section. J'ai déjà amorti sur ma cravate
favorite une giclée de sauce salade dont le papa ne voulait
pas, la voisine de devant s'est assise par mégarde sur une
couche fraîche qui n'est pas de peinture, car la p'tite snoro
n'est pas encore propre, et elle (pas la voisine) parcourt à
présent les allées en hurlant, car elle se cogne aux
accoudoirs, aux porte-verres et aux plateaux dont son passage perturbe
sérieusement le ramassage. En désespoir de cause,
le commandant nous demande de regagner nos sièges et d'attacher
nos ceintures. Pendant que l'on dresse le bilan du cataclysme, la
petite chriss, ennuyée par tout ce remue-ménage, se
réfugie près de son popa et lui saute sur les genoux
en prenant appui sur le support à verre qui ne résiste
pas à l'agression. Il pète avec un bruit sec noyant
mon pantalon sous un quart de litre de coke dans lequel j'avais
fait fondre quatre tranquillisants, tandis qu'elle plaque une main
abondamment saucée de mayonnaise sur mon épaule secouée
de sanglots.
L'hôtesse vient lui proposer de l'emmener
faire un petit tour dehors, tandis que je me jure que mon prochain
voyage se fera sur un "charter" de l'âge d'or!
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Jojo l'inventeur |
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Mon filleul est un inventeur. Doué
d'une imagination débordante il n'a de cesse d'inventer des
choses faites de préférence pour faire s'évanouir
les vieilles dames, stupéfier les cliniques d'urgence, rendre
sa mère cardiaque et faire pousser sur le crane pourtant
peu fertile de son père le lundi, des touffes de cheveux
blancs que ses actions du lendemain lui permettent d'arracher consciencieusement
dès le mardi.
Aussi, quand il demanda au Père Noël un certain modèle
de voiture télécommandée nous nous fîmes
un signe d'intelligence : Se pourrait-il qu'il commence à
atteindre une certaine maturité, quoi, tout ce que lui avait
suggéré sa mentalité d'extra-terrestre c'était
cette petite toto télécommandée? Décidément,
c'était le pied. Bien sûr mon chéri! Quand tu
voudras...
Le lendemain de Noël, qui c'est qui était le plus heureux
petit garçon du monde? C'est Jojo. Ceux qui l'étaient
un peu moins ce sont les voisins et surtout les voisines. Imaginez
cet engin filant sur vous à 60 mille à l'heure pour
passer entre vos jambes en vous fouettant l'intimité de son
antenne flexible ou pour vous éviter à la dernière
minute en vous aveuglant d'un nuage de neige. Ceux qui ont trouvé
ça moins drôle, ce sont les automobilistes qui voyaient
surgir ce petit véhicule d'une ruelle pour s'enfoncer dans
l'autre en traversant la rue. Alors, bien sûr, ils frênaient
à mort! Une bonne chose, c'est qu'avec toute la neige qui
recouvrait la chaussée on n'entendait pas crisser les pneus.
Une mauvaise, par contre, c'est que la voiture qui les suivait,
elles, patinait désespérément avant d'emboûtir
les pare-chocs arrières. Vous voyez le tableau? J'ai passé
ma journée à aller à la pharmacie photocopier
des constats à l'amiable tandis que l'affreux Jojo allait
répéter ses exploits deux ruelles plus loin. Il a
eu un fun noir!
Là où nous nous sommes vraiment fâchés
c'est quand il a propulsé son petit bolide dans l'allée
de l'église à la messe de 11 heures. Le curé
n'était pas content, les dames patronesses hurlaient au meurtre
car elles affirmaient avoir vu le diable au volant du véhicule!
Seuls les enfants de coeur trouvaient ça drôle, et
bien sûr mon Jojo, lui, il n'avait jamais été
à pareille fête. Nous commencions à faire des
prières pour que les batteries finiraient par s'épuiser
mais, comble de malchance, j'y avais mis des batteries de "lapin
rose", celles qui ne finissent qu'après que toutes les
autres aient rendu l'âme.
En désespoir de cause, on l'a amené au bord du lac
Saint-Louis en lui suggérant d'utiliser ces grands espaces
pour pousser une pointe de vitesse. Une fois hors de portée
de son antenne, la voiture ne lui obéit plus et continua
tout droit vers la Rive-Sud. Jojo était inconsolable, même
quand, pris de remords, je lui promis de lui en acheter une autre,
et vous savez pourquoi? Parceque mon petit bandit avait laissé
Casper, son hamster favori, au volant du véhicule.
Non mais vous imaginez la tête du gars de la Rive-Sud qui
va voir arriver de Montréal cette petite voiture conduite
par Casper?
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Mise à jour le 7 juillet 2005
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